Être de gauche, en France ?
À l'heure de la mondialisation, du libéralisme triomphant, de la montée des communautarismes et de la remise en question de bien des acquis sociaux, il serait bon d'essayer de redéfinir ce qu'est d'être de Gauche aujourd'hui en France.
Dans ce terme générique "Gauche" ont trouve chez nous des mouvements d'horizons divers. Des socialistes, des sociaux-démocrates, des républicains de gauche, des écologistes, des communistes, des trotskystes et des alter-mondialistes. Toutes ces tendances représentent réunies environ la moitié de l'électorat français. Pourtant, à de rares exceptions, ces différents groupes n'arrivent pas à créer une union car ils ont souvent une vision différente de la gauche.
Le modèle anglais " blairisme" semble être pour beaucoup de sociaux démocrates français la meilleure voie à suivre, l'exemple même d'une Gauche réaliste et pragmatique.
Mais n'est-ce pas là, une sorte de fatalisme ?
La Gauche doit-elle accepter que plus jamais elle ne sera la Gauche ?
Doit-elle accepter qu'il n'y a pas d'autres modèles que le capitalisme ?
Doit-elle s'adapter aux exigences de l'ultra-libéralisme ?
Doit-elle oublier que c'est au progrès d'être au service de l'humain et non le contraire ?
Doit-elle renoncer à continuer d'inventer un modèle économique et social différent, plus juste et plus humain ?
Ce sont les questions que ceux qui se pensent de Gauche doivent se poser en conscience.
Les rares fois où la Gauche s'est retrouvé unie autour d'un projet, elle a gagné et fait avancer le progrès social.
1936, le Front Populaire : la semaine des quarante heures, les congés payés.
1945, le Gouvernement d'Union Nationale : la sécurité sociale.
1981, l'Union de la Gauche : l'abolition de la peine de mort, les trente-neuf heures.
1997, la Gauche Plurielle : les trente-cinq heures et le PACS.
A part la sécurité sociale qui a été votée conjointement avec la droite gaulliste, toutes les grandes avancées sociales ont été réalisées par la Gauche.
Mais à chaque fois la gauche était en grande partie rassemblée autour d'un projet. C'est la condition pour arriver au gouvernement...
Malheureusement aujourd'hui, à l'aube d'une grande échéance, ces conditions n'ont pas l'air d'être réunies. Des trois candidats affichés du PS aucun ne semble emporter l'adhésion des autres partis de Gauche. Or le PS représente tout au plus 35% de l'électorat. Sans le soutien des Verts et du PC, et sans programme commun, le PS ne peut donc pas prétendre à gouverner demain.
Pourtant la Gauche doit gagner !!!
Bien sûr, beaucoup au PS espère aujourd'hui l'élection triomphante de Ségolène Royal en imaginant qu'elle sera suivie d'une vague rose aux législatives, leur donnant ainsi une majorité absolue pour 5 ans sans compte à rendre aux autres sensibilités de Gauche.
Cela relève d'un calcul politique qui d'abord est risqué et qui, de plus, fait preuve d'un grand manque d'ouverture et d'une volonté affichée d'hégémonie.
Parce que citoyen ne veut pas forcément dire militant, le peuple de Gauche dans sa diversité doit se rassembler, faire entendre sa voix aux différents partis. Il faut trouver un candidat de rassemblement au sein de la gauche. Une personne honnête et compétente avec de vraies valeurs de Gauche, capable de gagner et de diriger le pays.
Les partis de gauche doivent, pour un temps, oublier l'esprit boutiquier, l'heure est trop grave et la tâche à accomplir est énorme.
Seule compte une vraie victoire de Gauche face à une Droite réactionnaire et populiste.
Quelles sont donc les valeurs dans lesquelles toute personne de Gauche peut se retrouver ?
Une égalité des chances mais aussi des moyens,
Une justice indépendante et responsable,
Un système de santé de qualité accessible de la même manière à tous,
Un système éducatif laïc performant sur l'ensemble du territoire,
Un combat permanent contre toutes formes de discriminations,
Une volonté de toujours chercher un système plus humain, plus juste,
Une vraie représentativité des citoyens,
Un gouvernement honnête au service du peuple,
Le Collectif "la Gauche Plurielle" vous invite à le rejoindre autour de ces valeurs dans un débat citoyen au-delà des partis, pour soutenir le moment venu la personne que nous jugerons ensemble la plus apte à nous conduire à la victoire.
Jean-Yves Chalangeas - Membre du "Collectif la Gauche plurielle"